Lecture https://www.bourez.net/ fr Abri 19, Myriam Caillonneau https://www.bourez.net/content/abri-19-myriam-caillonneau <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Abri 19, Myriam Caillonneau</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/index.php/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/index.php/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">29/07/2020 à 18h35</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Je suis tombé sur ce roman publié en 2018 un peu par hasard, via le système d'emprunts de livres électroniques proposé par Amazon Prime. Hmmm, du post-apocalyptique avec une terre dévastée et une population confinée dans des abris, un personnage principal dont on se doute qu'il va devoir se rendre à l'extérieur... Voilà qui pourrait être une lecture estivale idéale ? Et puis cette idée de brouillard me rappelle un peu le très réussi <a href="https://fallout.fandom.com/wiki/Far_Harbor_(add-on)">Far Harbor</a> de Fallout 4. Tout un programme !</p> <p>En voici le résumé :</p> <blockquote> <p>La Terre a été recouverte par un mystérieux brouillard qui a occulté la lumière du soleil et étouffé toute vie. Face à l’impuissance des scientifiques pour l’endiguer, le gouvernement américain s’est résigné à préserver les plus indispensables à la survie du peuple. Depuis 11 ans, ils vivent terrés dans des abris régis par des règles strictes qui garantissent la survie de tous.</p> <p>C’est dans l’un de ces bunkers que vivent Liam et sa grande sœur Kathlyn. Depuis la perte tragique de leurs parents, ces deux orphelins veillent tendrement l’un sur l’autre. Au sein de l'abri 19, tous deux travaillent comme réparateurs et assurent la maintenance.</p> <p>En raison de l’incendie d’un générateur, Kathlyn est gravement blessée. Or les dirigeants refusent de gaspiller leurs ressources pour la soigner. Révolté par cette décision, Liam doit faire un choix : respecter les lois de l’abri ou bien tenter de la sauver et risquer l’exil dans un monde dévasté.</p> </blockquote> <p>Quelques heures plus tard, voici ce que j'en pense. "Abri 19" est un roman relativement court qui se lit facilement : sa construction est linéaire (j'y vois trois parties distinctes, j'y reviendrai), son écriture est simple tout en restant de qualité et le rythme est soutenu de la première à la dernière page.</p> <p>Cependant, tout au long de ma lecture, je n'ai pu m'empêcher de me dire que je ne faisais probablement pas partie du "cœur de cible" de l'oeuvre de Myriam Caillonneau. J'ai plutôt un profil de vétéran lecteur de SF (traduisez : je suis vieux !) et j'ai plus l'impression qu'il se destine à des lecteurs jeunes, ados, pour qui il peut constituer une formidable porte d'entrée à ce que peut être un roman de SF dans un univers post-apocalyptique aux limites de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dystopie">dystopie</a>.</p> <p>Alors du coup, j'ai trouvé que certains raccourcis ou partis pris étaient un peu... faciles. Comme quelques coïncidences du récit pas tout à fait vraisemblables par exemple. De même, les personnages manquent un peu de profondeur et leurs réactions semblent parfois un brin expéditives. Mais cela ne gâche en rien le fait que le roman se dévore : on veut absolument savoir où le périple du jeune Liam va le mener. Et nous avec.</p> <p>J'aimerais revenir à ce que j'ai identifié comme les 3 parties du récit. Pas facile d'en parler sans rien dire de l'intrigue. Globalement, j'ai véritablement adoré le premier tiers. Une chouette évocation de la vie dans l'abri, quoi qu'un peu courte, qui fleure bon les références du genre avec quelques sympathiques clins d’œil à la culture populaire. Pas seulement dans la littérature bien entendu !</p> <p>La seconde partie, sans vous gâcher la surprise, se passe évidemment en dehors du fameux abri 19. J'ai beaucoup aimé aussi, l'écriture rendant bien l'ambiance post-apo de cette terre envahie par le brouillard et son lot de dérives auquel on s'attend inévitablement. L'ambiance est glauque, pesante.</p> <p>Le seul bémol pour moi, et là je ne peux rien vous dire de plus, concerne le dénouement du roman : je ne suis pas "super fan" de l'idée. Mais sincèrement, c'est peut-être une simple histoire de goûts et j'ai lu jusqu'aux derniers mots sans que cela ne me gêne. Non, c'est juste "l'idée" derrière tout ça.</p> <p>Pour conclure, je ne peux que recommander le roman de Myriam Caillonneau, sauf peut-être pour les lecteurs les plus chevronnés fans des univers post-apocalyptiques un peu "pointus". Pour les autres, et en particulier pour celles et ceux qui souhaiteraient en faire la découverte, c'est une excellente entrée en matière.</p> <p>Ah, j'allais oublier un point bonus essentiel du roman : Depeche Mode !</p> <p>Retrouvez <a href="https://www.amazon.fr/Abri-19-Myriam-Caillonneau/dp/B079VD5TQF">"Abri 19" sur Amazon</a>, disponible en format électronique et en version papier.</p> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/abri19.jpg?itok=F_tJ0N17" width="268" height="380" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> Wed, 29 Jul 2020 16:35:07 +0000 Denis 13357 at https://www.bourez.net Tous à Zanzibar, John Brunner https://www.bourez.net/content/tous-zanzibar-john-brunner <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Tous à Zanzibar, John Brunner</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/index.php/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/index.php/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">27/03/2018 à 08h40</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Nous sommes en 2010. Sur une terre surpeuplée qui se gave de lois eugéniques pour tenter de maîtriser l'avenir, Norman et Donald vivent en colocation à New York. Une ville de 30 millions d'habitants entièrement recouverte d'un dôme translucide. La technologie y est omniprésente. La publicité aussi. Le terrorisme et les émeutes également. Norman House est responsable RH chez General Technics, la plus grosse société américaine de technologie. Donald Hogan est étudiant. Mais également membre des services secrets.</p> <p>Publié en 1968, « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tous_%C3%A0_Zanzibar">Tous à Zanzibar</a> » est un roman clé dans l'oeuvre de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tous_%C3%A0_Zanzibar">John Brunner</a>. Il est souvent considéré comme un classique incontournable de la science-fiction.</p> <p>Deux choses frappent à la lecture de ce long ouvrage.</p> <p>Tout d'abord sa construction atypique : on découvre un récit organisé sous la forme d'une alternance de quatre types de chapitres très différents :</p> <ul> <li>« Contexte » donne des éléments de présentation du monde imaginé par Brunner ;</li> <li>« Le monde en marche », très original, est constitué de petits éléments, instantanés ou vignettes, bouts de phrases, très peu structurés mais qui participent à restituer l’ambiance un peu folle de ce roman ;</li> <li>« Jalons et portraits » permet de faire la connaissance de personnages secondaires et de leur histoire ;</li> <li>« Continuité » enfin, est le récit principal du roman, autour des deux personnages principaux, Norman et Donald.</li> </ul> <p>Ce récit déconstruit est d’une grande originalité, mais il peut déstabiliser quand on commence la lecture du roman. Il faut quelques pages pour s’y adapter et en apprécier les apports.</p> <p>La seconde chose qui frappe dans « Tous à Zanzibar », c’est que le monde de 2010 créé par Brunner à la fin des années 60 ressemble furieusement... à notre époque ! Quelques thèmes me viennent à l'esprit :</p> <ul> <li>la surpopulation et les problématiques liées à l'eugénisme...</li> <li>le racisme, le terrorisme et le sentiment parfois injustifié des populations vis à vis de l'insécurité, les tueries de masse aux USA...</li> <li>l'omniprésence de la technologie comme les wearables, la dépendance vis à vis des IA...</li> <li>l'omniprésence de la publicité dans les médias, la disparition de la presse écrite, la disparition de la sphère privée...</li> <li>la disparition dans les villes des moteurs thermiques, trop polluants ; la chute de l'industrie automobile et la transformation de Detroit en ville "fantôme"...</li> <li>le rapport de force entre les USA et la Chine, qui remplace en quelque sorte le bloc soviétique</li> <li>la puissance économique des grandes sociétés américaines technologiques, telle que la plus grande d'entre elles est en capacité "d'acheter" un pays d'Afrique.</li> </ul> <blockquote> <p>"Dans ce pays de quatre cents millions d’habitants, on comptait deux ou trois amochages par jour, et pourtant, les gens commençaient à faire comme s’ils ne pouvaient pas passer le coin de la rue sans être attaqués."</p> </blockquote> <p>Bien sûr, l'écriture datant de 1968 entraîne quelques errements technologiques<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> un peu "baroques" qui ne sont pas sans rappeler l'oeuvre de Philip K. Dick<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup> de la même époque.</p> <p>Mais dans l'ensemble, John Brunner fait mouche avec cette vision du futur. On est ici en présence d'une science-fiction aux limites de la clairvoyance !</p> <p>Si « Tous à Zanzibar » brille sur la forme et sur le fond dans son évocation du monde de 2010, je suis plus réservé concernant l'intrigue principale et ses protagonistes.</p> <p>Simples colocataires au début du roman, Norman et Donald vont rapidement suivre deux chemins séparés. L'un vers l’Afrique, l'autre en Asie. Avec un point commun cependant : leurs destinées auront de fortes retombées internationales, car impliquées dans de vastes enjeux politiques, militaires et économiques.</p> <p>Le problème, c'est que la construction du roman, toute en ruptures, rend difficile l'attachement à l'histoire et aux personnages, qui manquent tout de même d’épaisseur et d’approfondissement.</p> <p>Cela ne rend pas pour autant la lecture ennuyeuse, mais il ne faut pas s’attendre à une intrigue haletante digne d'un « page-turner » moderne. Et puis de toute façon, Brunner lui-même qualifiait cette œuvre de "non-roman".</p> <p>Concernant la version française du roman, je me dois de signaler l'excellente qualité de la traduction française effectuée par Didier Pemerle. Car "Tous à Zanzibar" c'est aussi un vocabulaire très particulier à base de nombreux mots composés inventés qui sont souvent délirants. Cette version française sonne très juste<sup id="fnref:3"><a href="#fn:3" class="footnote-ref" role="doc-noteref">3</a></sup>.</p> <p>Mention spéciale également pour la longue préface de Gérard Klein qui s'interroge sur la frontière qui existe entre la science-fiction et la prospective.</p> <p>Au bout du compte, est-ce que je recommande la lecture de « Tous à Zanzibar » ? Très certainement ! C’est un formidable exercice d’anticipation et sans l’ombre d’un doute un jalon fondateur dans l'histoire de la science-fiction.</p> <blockquote> <p>"A part ça, je m'en moque comme d'une fiente de baleine."</p> </blockquote> <div class="footnotes" role="doc-endnotes"> <hr /> <ol> <li id="fn:1" role="doc-endnote"> <p>L'encyclopédie parlante de John Brunner fait un peu désuète face à notre Wikipédia ! Et que dire du télétype ?!&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#8617;&#xFE0E;</a></p> </li> <li id="fn:2" role="doc-endnote"> <p>Je trouve dans « Tous à Zanzibar » des similitudes avec la période "60's" de Dick. Comme la mention du "Yi-king", qui fait inévitablement penser au "Maître du Haut Château".&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#8617;&#xFE0E;</a></p> </li> <li id="fn:3" role="doc-endnote"> <p>Je vous invite à lire à ce sujet cet <a href="http://blog.belial.fr/post/2015/07/21/Rencontre-avec-Didier-Pemerle">interview de Didier Pemerle</a>.&#160;<a href="#fnref:3" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#8617;&#xFE0E;</a></p> </li> </ol> </div> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/tous_a_zanzibar.jpg?itok=2AGUjBxw" width="1280" height="960" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> Tue, 27 Mar 2018 06:40:10 +0000 Denis 13137 at https://www.bourez.net Le Dieu venu du Centaure, Philip K. Dick https://www.bourez.net/content/le-dieu-venu-du-centaure-philip-k-dick <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Le Dieu venu du Centaure, Philip K. Dick</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/index.php/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/index.php/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">19/02/2018 à 12h45</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Dans le futur, la surpopulation et le réchauffement climatique ont rendu la vie sur Terre particulièrement difficile en dehors des grandes villes, réservées à l'élite. Pour régler le problème de surpopulation, le système solaire a été colonisé et les masses sont envoyées vers ces nouvelles colonies, sans billet de retour et destinées à une vie morne et misérable sur des planètes pas franchement plus accueillantes que la Terre.</p> <p>Mais heureusement, il y a les poupées Pat, des jouets pour adultes qui reconstituent leur vie passée et heureuse, façon existence idéale made in USA. Et puis il y a le D-Liss, une drogue hallucinogène qui leur permet de pratiquer des séances collectives de jeu plus vraies que nature ! Bien entendu, le tout est fourni par l'élite terrienne.</p> <p>Un jour, Palmer Eldritch, un aventurier que l'on croyait disparu, revient d'une expédition dans le système Proxima du Centaure. Et il ramène avec lui le K-Priss, une drogue bien plus puissante que le D-Liss, qui sera tout prochainement commercialisé dans les colonies !</p> <p>Inspiré de sa nouvelle "The days of Perky Pat" parue quelques années plus tôt dans le magazine "Amazing", "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dieu_venu_du_Centaure">Le Dieu venu du Centaure</a>" a été publié par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick">Philip K. Dick</a> en 1965, sous le titre original "The Three stigmata of Palmer Eldritch".</p> <p>Ne tournons pas autour du pot, c'est un classique de la période "années 60" de l'auteur ! Difficile en effet de faire plus "Dickien" car tout y est ou presque : la réalité qui part complètement en cacahouètes, la drogue, la religion, les politiciens et multinationales pourri(e)s, le mensonge d'état(s) pour s'assurer le contrôle des peuples, la colonisation de Mars, la culture allemande ou encore les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9cognition">précogs</a>...</p> <p>La grande originalité, ce sont ces fameux combinés P.P. Au-delà des poupées en elles-mêmes, les colons claquent une bonne partie de leurs économies dans tout un tas d'accessoires pour recréer l'Amérique d'avant : la maison, les accessoires de jardin comme les barbecues, bref, tous les clichés sont là. Se réunissant pour consommer le D-Liss, ils partent dans une hallucination collective, prenant le contrôle des poupées.</p> <p>Bien sûr, on sent immédiatement la référence à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Poup%C3%A9e_Barbie">célèbre poupée</a> commercialisée depuis 1959 par Mattel. Mais le propos va plus loin puisqu'il ne concerne pas un jouet pour enfants : un palliatif collectif pour fuir une réalité glauque en se réfugiant dans un virtuel bien plus gratifiant. À notre époque, difficile de ne pas penser aux jeux vidéos.</p> <p>L'oeuvre est plutôt courte, mais d'un intense foisonnement thématique. C'est du Dick de l'époque : c'est touffu, parfois brouillon, mais l'auteur sait vous faire douter quand il le faut et démolir vos certitudes là où vous ne vous y attendiez pas. Il faut parfois s'accrocher pour suivre ce récit pourtant relativement linéaire.</p> <p>Pour conclure, il y a sans doute plus abouti, plus travaillé et plus qualitatif dans l'oeuvre de Dick. De plus, je ne conseille pas ce roman comme première lecture pour ceux qui souhaitent découvrir l'auteur. Mais sachez que la lecture de ce classique sera, tôt ou tard, simplement incontournable.</p> <p>Je précise qu'il s'agit pour moi d'une seconde lecture du roman que j'avais initialement découvert lorsque j'étais ado.</p> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/dick_palmer_eldritch.jpg?itok=KN8ttSSR" width="324" height="500" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> <div class="field field--name-field-contenus-lies field--type-entity-reference field--label-above"> <div class="field__label">Voir aussi</div> <div class="field__items"> <div class="field__item"><a href="/index.php/content/la-verite-avant-derniere-philip-k-dick" hreflang="fr">La vérité avant-dernière, Philip K. Dick</a></div> </div> </div> Mon, 19 Feb 2018 11:45:57 +0000 Denis 13108 at https://www.bourez.net La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël Dicker https://www.bourez.net/content/la-verite-sur-laffaire-harry-quebert-joel-dicker <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">La vérité sur l&#039;affaire Harry Quebert, Joël Dicker</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">16/03/2016 à 18h14</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>New York, 2008. Marcus Goldman est un jeune écrivain, devenu célèbre grâce à son premier roman, qui peine à retrouver l'inspiration. Marcus a un mentor, l'auteur des "Origines du mal" qui a connu un immense succès aux États-Unis à la fin des années 70 : Harry Quebert. Ce dernier se retrouve accusé de meurtre lorsqu'on découvre, enterré dans son jardin, le corps de Nola Kellergan, disparue à l'âge de 15 ans durant l'été 1975, avec qui il entretenait une liaison.</p> <p>Marcus décide de quitter New York et de se rendre à Aurora, dans le New Hampshire, pour faire la lumière sur cette surprenante accusation et prouver l'innocence de son ami. Mais l'enquête va rapidement se montrer beaucoup plus compliquée que ce qu'il imaginait.</p> <p>"<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_V%C3%A9rit%C3%A9_sur_l'affaire_Harry_Quebert">La vérité sur l'affaire Harry Quebert</a>", roman publié par le très charismatique écrivain suisse romand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jo%C3%ABl_Dicker">Joël Dicker</a> en 2012, a connu un succès exceptionnel, se vendant comme des petits pains et remportant le Grand Prix du roman de l'Académie française ainsi que le Goncourt des Lycéens.</p> <p>Il s'appuie sur des recettes classiques qui fonctionnent franchement pas mal : le récit d'une enquête à l'américaine dans un style simple et efficace, avec de multiples rebondissements relançant l'intrigue de façon très régulière. Difficile de s'ennuyer, d'autant que Joël Dicker s'amuse avec le lecteur en l'embrouillant à coups de fausses pistes ou d'évidences qui ne le sont pas, particulièrement dans la deuxième moitié du roman.</p> <p>La progression de l'enquête est parsemée de nombreux flashbacks, se déroulant essentiellement - mais pas seulement - durant l'été 1975. Ici aussi, cela fonctionne très bien.</p> <p>Ce qui fonctionne nettement moins bien, en revanche, c'est lorsque l'auteur évoque la relation entre Harry et Nola : un écrivain de 34 ans qui vit une histoire d'amour secrète et absolue avec une gamine de 15 ans, ça annonce du lourd, de l'intense, du sulfureux. Rien de tout cela dans le roman, l'histoire est plutôt "gnangnan" et parfois aux limites du grotesque en raison de certains dialogues ou extraits des "Origines du mal" vraiment mièvres.</p> <p>De plus, difficile de ne pas trouver quelques personnages franchement caricaturaux : l'éditeur forcément un peu crapule, la "plus belle fille du lycée" digne d'un teen-movie, le flic à la timidité maladive qui n'ose aborder la fille en question, l'autre flic imbuvable qui devient le meilleur pote de Marcus ou encore la "mère juive" totalement parodique, mais qui, je l'avoue, m'a parfois bien fait rire ! Globalement, la description qui est faite des USA, que ce soit en version 1975 ou 2008, fait un peu cliché.</p> <p>Qu'à cela ne tienne, ces ratés ne m'ont pas découragé dans ma lecture du roman. Ce dernier est tout simplement sauvé par son intrigue. Le côté "Page-turner" fonctionne à plein régime et agit comme une drogue : on doit avancer, on veut en savoir plus pour découvrir enfin qui a tué Nola Kellergan ! Facile, mais efficace.</p> <p>"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" est édité en France par les éditions de Fallois.</p> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/harry_quebert.jpg?itok=z7VOKk1n" width="1280" height="853" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> Wed, 16 Mar 2016 17:14:23 +0000 Denis 12476 at https://www.bourez.net Black-out, Connie Willis https://www.bourez.net/content/black-out-connie-willis <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Black-out, Connie Willis</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">20/01/2016 à 11h54</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>En 2060, les historiens ont une formidable technologie à leur disposition : le voyage dans le temps, leur permettant de revivre les évènements marquants de l'histoire. Trois d'entre eux sont envoyés en Angleterre durant la Seconde Guerre mondiale, en 1940. Mérope étudie les conditions de vie des enfants évacués loin de Londres, activement bombardée par l'aviation allemande. Polly se fond dans la population londonienne qui affronte cette difficile et dangereuse période de son histoire. Michael, quant à lui, revit l'évacuation des troupes anglaises en pleine déroute, de Dunkerque vers Douvres.</p> <p>Mais pour les trois protagonistes, un évènement inattendu va bouleverser leur expérience : les "points de transfert", qui leur permettent de revenir à leur époque, se trouvent subitement inactifs.</p> <p>"<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Black-out%5C_%28Connie%5C_Willis%29">Black-out</a>", publié en 2010, est le premier tome de "Blitz", un diptyque se concluant par le roman "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/All%5C_Clear">All Clear</a>". <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Connie%5C_Willis">Connie Willis</a> est une auteur primée dans le monde de la science-fiction avec plusieurs prix Hugo, Nebula et Locus. "Blitz" a d'ailleurs réussi la performance de recevoir les trois.</p> <p>Ce long premier tome me laisse une impression plutôt mitigée. Je m'attendais avec grand intérêt à un savant mélange de science-fiction et de roman historique.</p> <p>Une fois les premières pages passées, le récit consiste exclusivement à suivre les aventures des trois historiens au coeur de la Seconde Guerre mondiale. La majeure partie de "Black-out" alterne les récits, avec un chapitre par personnage. Il faut reconnaitre que l'Angleterre de 1940 est extrêmement bien rendue et remarquablement détaillée. C'est indéniablement le point fort du roman.</p> <p>Mais où est la S.-F. ? Elle est quasiment absente, comme si le voyage temporel n'était qu'un prétexte introductif pour justifier la présence des trois personnages en 1940. Il y a pourtant des choses passionnantes à développer sur cette thématique, comme l'excellent concept des points de divergence abordé par Willis. Peut-être faut-il attendre le second tome<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>...</p> <p>J'ai mis du temps à aller au bout de ce long roman. Voici pourquoi :</p> <ul> <li>Le rythme est vraiment très lent ! Pour être sincère, j'ai failli en abandonner la lecture à plusieurs occasions, car si le récit est agréablement construit et fourmille de détails, il manque d'envergure, de souffle et de rebondissements pour maintenir et relancer l'intérêt au-delà de la formidable évocation historique.</li> <li>Certains passages, que ce soit des dialogues, des intrigues ou des évènements (faux suspens, faux rebondissement...), m'ont semblé quelque peu simplistes, presque caricaturaux, évoquant plus la littérature adolescente qu'un roman adulte de science-fiction.</li> <li>J'ai également cette impression concernant les trois personnages principaux, assez peu "fouillés" malgré la longueur du roman.</li> </ul> <p>La dernière déconvenue, si j'ose dire, est de se rendre compte que pas grand-chose n'a avancé une fois qu'on a bouclé la dernière page. En tout cas rien en ce qui concerne le voyage dans le temps. Il faut donc enchaîner sur le second tome, "All Clear", encore plus long que le premier.</p> <p>Je ne suis pas sûr d'en avoir le courage.</p> <p>"Black-out" est édité en France par <a href="http://www.bragelonne.fr/livres/View/black-out">Bragelonne</a>.</p> <div class="footnotes" role="doc-endnotes"> <hr /> <ol> <li id="fn:1" role="doc-endnote"> <p>Ces concepts ont peut-être été abordés dans les précédents romans de l'auteur, sur la même thématique, comme "Le Grand Livre" publié en 1992.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#8617;&#xFE0E;</a></p> </li> </ol> </div> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/1208-blitz1_org.jpg?itok=l_PYJ98E" width="445" height="700" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> Wed, 20 Jan 2016 10:54:39 +0000 Denis 12405 at https://www.bourez.net Privé de désert, George Alec Effinger https://www.bourez.net/content/prive-de-desert-george-alec-effinger <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Privé de désert, George Alec Effinger</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">17/11/2015 à 16h33</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Marîd Audran, le "Maghrebi", n'est plus détective privé : il est policier. Il n'est plus sur la brèche, l'argent coule à flots puisqu'il travaille désormais pour "Papa", un des parrains de la ville. Et accessoirement, sans qu'on lui demande son avis, il se retrouve également propriétaire d'un club. Il a même décidé d'arrêter la drogue. Mais bien entendu, tout ça va partir en vrille !</p> <p>J'ai découvert le cycle de Marîd Audran en début d'année avec la lecture de "Gravité à la manque". "Privé de désert", publié en 1989, en est la suite. Il est indiqué que les romans du cycle peuvent être lus de façon indépendante, mais il est tout de même préférable de tout lire pour apprécier (savourer !) les références au passé d'Audran.</p> <p>Je m'attendais donc à retrouver ici les trois thèmes de la série. Nous retrouvons sans équivoque l'univers du Moyen-Orient et le cyberpunk.</p> <p>En revanche, Audran n'étant plus détective privé, le récit semble moins influencé par les romans noirs des années 50. Place ici à des intrigues un peu différentes, peut-être moins encrées dans l'univers du polar : on y parle trafic d'enfants et d'organes ou encore luttes d'influence entre parrains très puissants et sans scrupules.</p> <p>L'histoire reste classique avec une narration qui m'a semblé un petit peu plus simple - plus fluide aussi peut-être - que dans le premier roman. Le rythme est toujours aussi soutenu, ça "dézingue" et ça tabasse dans tous les sens !</p> <p>Ici encore, j'ai apprécié les à-côtés du récit décrivant cette société futuriste et exotique. L'évocation est dépaysante et passionnante dans ses contrastes : entre tradition et technologie, entre l'opulence des parrains et la misère ambiante de la population du Boudayin.</p> <p>Je n'oublie pas que la série s'inscrit dans la mouvance cyberpunk : la place donnée aux modules d'amplification bioélectronique, les "mamies" et les "papies", est une fois de plus essentielle.</p> <p>"Privé de désert" se lit tout aussi agréablement que son prédécesseur, d'autant plus si l'on est "accoutumé" aux thématiques de la série. Vivement la suite !</p> <p>Le recueil "<a href="http://www.mnemos.com/catalogue/les-nuits-du-boudayin/">Les nuits du Boudayin</a>" est édité en France par Mnémos.</p> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/c1-boudayin-bd-716x1024.jpg?itok=IMMAR6mv" width="716" height="1024" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> <div class="field field--name-field-contenus-lies field--type-entity-reference field--label-above"> <div class="field__label">Voir aussi</div> <div class="field__items"> <div class="field__item"><a href="/content/gravite-la-manque-george-alec-effinger" hreflang="fr">Gravité à la manque, George Alec Effinger</a></div> </div> </div> Tue, 17 Nov 2015 15:33:51 +0000 Denis 12369 at https://www.bourez.net Jason Valois, Orson Scott Card https://www.bourez.net/content/jason-valois-orson-scott-card <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Jason Valois, Orson Scott Card</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">24/09/2015 à 19h54</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>La population du village de Port-Etal menait une existence tranquille, rurale, quasi moyenâgeuse et heureuse. Puis vint le jour de la Douleur : les habitants découvrirent alors la souffrance et la mort. C'est à ce moment que deux étrangers, Jason et Justice, arrivèrent de nulle part chez le forgeron du village. Avec pour seule requête que Lared, son jeune fils, écrive leur histoire. L'histoire de Jason Valois, considéré comme un Dieu.</p> <p>Publié en 1989, "Jason Valois" est un roman et le premier des deux volumes composant le cycle "La Geste Valois". Le second volume, "Contes de Capitole et de la forêt des eaux", est un recueil de nouvelles mettant en scène les personnages du roman et se déroulant avant. Il doit impérativement être lu après, pour comprendre le contexte.</p> <p>Le roman alterne deux récits : la trame principale raconte l'hiver que passent les Valois auprès du jeune Lared. Lorsque ce dernier dort, par télépathie et sous forme de rêves, Justice lui transmet les souvenirs des Valois qu'il est chargé de retranscrire sur papier. On découvre la vie simple et dure des habitants du village et les rapports qu'ils entretiennent avec ces singuliers visiteurs.</p> <p>La seconde trame, c'est bien évidemment les rêves, les souvenirs de l'histoire des Valois. Tout commence des milliers d'années plus tôt, sur la planète Capitole, ultrapeuplée, technologique et dominatrice. C'est là que vit, avec sa mère, le jeune Jason. Sa particularité, c'est qu'il est le fils d'un "fluide", Homère Valois, chef d'une rébellion passée et responsable de huit milliards de morts. Jason est donc, en quelque sorte, un paria et il est amené rapidement à rencontrer Abner Doon, l'homme le plus puissant de Capitole et également celui qui provoquera la destruction de celle-ci.</p> <p>L'histoire de Jason est bel et bien un récit de science-fiction, étalé sur des milliers d'années. Au début du roman, on ne comprend évidemment pas comment on a pu partir du jeune Valois sur Capitole et aboutir à la planète rustique de Lared.</p> <p>Tout cela est amené de façon intelligente et on prend beaucoup de plaisir à avancer dans l'histoire. De plus, Card met une nouvelle fois en scène des enfants dans les rôles principaux et il faut reconnaître qu'il est doué pour cela.</p> <p>Cependant, deux choses m'ont gênées à la lecture du roman.</p> <p>Tout d'abord, passé le premier tiers des 400 pages, on connait tout ou presque de l'issue de l'histoire des Valois. Ce n'est pas qu'on s'ennuie, loin de là, mais il ne faut pas s'attendre à des révélations fracassantes dans la dernière ligne droite.</p> <p>Le second point qui m'ennuie, c'est que toute cette histoire me semble imbibée d'une morale bien-pensante tournant autour de la rédemption, de la bonté de l'homme enfouie en lui-même lorsqu'il est responsable d'actes abominables. J'ai trouvé cela vraiment lourd par moments. Difficile en tout cas de ne pas faire le lien avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ologie_du_mormonisme">les croyances</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Orson_Scott_Card">Card</a>.</p> <p>C'est un thème récurrent chez cet auteur, mais bien moins digeste ici que dans "La Stratégie Ender", publié 3 ans plus tôt et autrement plus réussi.</p> <p>Mais malgré ces réserves, il me serait difficile de déconseiller la lecture de ce beau roman.</p> <p>"Jason Valois" est publié en France par <a href="http://www.l-atalante.com/catalogue/la_dentelle_du_cygne/jason_valois/48/204/orson_scott_card/detail.html">L'Atalante</a>.</p> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/p9108197_2007_e-m5-2.jpg?itok=lmbtuWQl" width="1280" height="853" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> Thu, 24 Sep 2015 17:54:58 +0000 Denis 12280 at https://www.bourez.net La vérité avant-dernière, Philip K. Dick https://www.bourez.net/content/la-verite-avant-derniere-philip-k-dick <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">La vérité avant-dernière, Philip K. Dick</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">21/07/2015 à 15h06</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Cela fait 15 ans que la troisième guerre mondiale fait rage entre la Paci-Pop et la Dém-Ouest. La plupart des hommes vivent retranchés dans des abris souterrains où ils passent leur existence à fabriquer et réparer les "solplombs", des robots qui se battent à leur place à la surface. Nicolas Saint-James est le président d'un de ces abris. Il sait qu'il ne pourra remplir les quotas de production s'il ne sauve pas un des habitants de l'abri. Et pour cela, il va devoir remonter et affronter la guerre, les radiations et les terrifiantes maladies qui leur sont liées. Vous devinez ? Ce qu'il va trouver à l'air libre n'est pas du tout ce à quoi il s'attendait.</p> <p>Ecrit en 1964, quelques mois après "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Glissement_de_temps_sur_Mars">Glissement de temps sur Mars</a>" et avant le formidable "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dieu_venu_du_Centaure">Dieu venu du Centaure</a>" et ses "Poupées Pat", "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_V%C3%A9rit%C3%A9_avant-derni%C3%A8re">La vérité avant-dernière</a>" est un roman que je qualifierais volontiers de très classique dans l'oeuvre de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick">Philip K. Dick</a>. On y retrouve en effet nombre de concepts et thématiques récurrents chez lui : les réalités parallèles, le mensonge organisé par l'élite pour contrôler le peuple, les simulacres, la manipulation temporelle ou encore les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9cognition">précogs</a> capables de "sentir" les événements à venir<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. On y trouve aussi la falsification du passé à postériori et la prédominance de l'Allemagne et de sa culture, un autre sujet récurrent chez lui.</p> <p>Ce roman est facile à appréhender, facile à comprendre tout du long et tout simplement facile à lire. Ce n'est pas le cas, loin de là, de tous les romans de l'auteur.</p> <p>On suit en tout cas avec plaisir et intérêt l'évolution de l'intrigue et des personnages. Le roman est assez court, ce qui a deux conséquences : côté intrigue, pas de temps mort, ça enchaîne ! Mais côté personnages, on pourra regretter un petit manque de développement pour certains. Le traitement est assez inégal à ce niveau.</p> <p>La parabole sur le pouvoir et ses manipulations, bien que sans surprise, est loin d'être dénuée d'intérêt et finalement pas complètement manichéenne. Et si toute cette mascarade était nécessaire ?</p> <p>Lire en 2015 un de ces vieux romans de Dick, c'est (re)partir à la découverte de la vision futuriste d'un auteur des années 60/70. C'est délicieusement poussiéreux, à l'image de ce robot assassin de conception allemande qui déclenche un message vocal en lisant une bande magnétique à l'oxyde de fer. Les plus jeunes lecteurs - et très vite leur immense majorité - ne sauront même pas de quoi il parle ! Mais j'ai toujours considéré ce charme désuet comme une des caractéristiques clefs de l'univers Dickien. Vous ne retrouverez pas cette ambiance dans la science-fiction des années 90 et au-delà, soyez-en sûr !</p> <p>"<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_V%C3%A9rit%C3%A9_avant-derni%C3%A8re">La vérité avant-dernière</a>" est un bon petit roman mais reste tout de même en retrait des oeuvres majeures de Dick. C'est sans doute une bonne entrée en la matière, par sa simplicité et le fait qu'il introduise bon nombre des thèmes chers à cet auteur. Du très bon divertissement, un dépaysement temporel garanti, c'est déjà pas mal non ?</p> <p>Pour plus d'infos sur ce roman, je vous invite à consulter <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_V%C3%A9rit%C3%A9_avant-derni%C3%A8re">Wikipédia</a>.</p> <div class="footnotes" role="doc-endnotes"> <hr /> <ol> <li id="fn:1" role="doc-endnote"> <p>impossible de ne pas penser à "Ubik" à la simple évocation de ce mot !&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#8617;&#xFE0E;</a></p> </li> </ol> </div> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/9782290033746.jpg?itok=KCpWX9XW" width="400" height="649" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> <div class="field field--name-field-contenus-lies field--type-entity-reference field--label-above"> <div class="field__label">Voir aussi</div> <div class="field__items"> <div class="field__item"><a href="/content/le-dieu-venu-du-centaure-philip-k-dick" hreflang="fr">Le Dieu venu du Centaure, Philip K. Dick</a></div> </div> </div> Tue, 21 Jul 2015 13:06:01 +0000 Denis 11987 at https://www.bourez.net Une forme de guerre, Iain M. Banks https://www.bourez.net/content/une-forme-de-guerre-iain-m-banks <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Une forme de guerre, Iain M. Banks</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">02/07/2015 à 14h38</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>La guerre fait rage entre les Idirans et la Culture. Un Mental de vaisseau de cette dernière échappe de peu à la destruction et trouve refuge sur le Monde de Schar, une planète déserte qui fut le berceau d'une civilisation aujourd'hui éteinte. Bien sûr, ce Mental intéresse les deux camps. À commencer par les Idirans, qui envoient Bora Horza Gobuchul, un "métamorphe", pour le récupérer. Mais également la culture qui envoie l'agent Pérosteck Balvéda à ses trousses.</p> <p>Ce roman de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Iain_Banks">Iain M. Banks</a> a été publié en version originale en 1987. C'est à la fois son premier roman de science-fiction et le premier des 9 romans composant le cycle de "<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Culture">La Culture</a>"<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Pour une courte introduction sur la Culture, je vous invite à (re)lire le billet que j'avais consacré en 2012 au roman "<a href="/content/trames-iain-m-banks">Trames</a>".</p> <p>"Une forme de guerre" est avant toute chose un formidable "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Space_opera">space opera</a>". Il est pour moi le parfait exemple du dépoussiérage effectué par Banks<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup> d'un genre qui était un peu tombé en désuétude.</p> <p>Sa structure est classique, prenant la forme d'un récit linéaire racontant le périple de Horza à destination du Monde de Schar. Fraichement sauvé par les Idirans d'une exécution, le métamorphe se retrouve embarqué malgré lui à bord de la "Turbulence Atmosphérique Claire", le vaisseau un peu vieillot d'une bande de mercenaires un peu losers. Le plan est alors clair : remplacer Krayklin, le chef de la bande, pour s'emparer du vaisseau afin de retrouver le Mental en fuite. Car la particularité des métamorphes, c'est qu'ils peuvent prendre l'apparence d'un autre.</p> <p>Cette trame aventurière classique est l'occasion pour l'auteur de nous en mettre plein la vue. Tout ici est dans la démesure, à l'image de cette extraordinaire civilisation qu'est la Culture et de ses multiples créations.</p> <p>Le clou du spectacle, selon moi, est constitué de la longue visite de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Orbitale_%28la_Culture_de_Iain_Banks%29">l'Orbitale</a> de Vavatch. Cette dernière est convoitée par les Idirans. La Culture ne l'entend pas de cette oreille et a tout simplement décidé de détruire l'Orbitale. Horza et sa bande débarquent sur Vavatch quelques jours avant sa destruction. S'enchaînent alors plusieurs morceaux de bravoure du roman : l'exploration d'un méga-vaisseau, gigantesque bateau qui fait le tour de l'Orbitale en 40 ans ; la rencontre avec une tribu aux moeurs étranges ; la partie de "Débâcle" ; l'affrontement avec le capitaine et, finalement, la fuite de l'Orbitale quelques heures avant sa destruction.</p> <p>Si "Une forme de guerre" est un opéra de l'espace épique et survolté, c'est également un roman incroyablement sombre. Comme le note Gérard Klein dans sa très bonne préface qui accompagne l'édition française, la mort hante littéralement le récit. Par exemple, le séjour sur l'Orbitale n'est pas seulement le prétexte à une surenchère de scènes d'action. Du fait de sa destruction imminente, il y règne une ambiance de fin du monde très finement rendue par l'auteur.</p> <p>La mort est partout, à tous les niveaux. Elle plane sur la galaxie en guerre, sur des races et civilisations sur le point d'être anéanties et, plus simplement, sur les protagonistes de l'histoire. Une toute petite histoire, tellement insignifiante à l'échelle d'un conflit galactique. La dernière partie du récit, dans les tunnels du Monde de Schar, en est la parfaite illustration. C'est absolument magnifique. Tragique, désespéré, violent, mais magnifique.</p> <p>Pour finir sur une note plus légère, on retrouve ici une caractéristique commune à tous les romans de la Culture : l'humour teinté de cynisme est bel et bien présent, jusque dans les ultimes pages formant un ensemble d'appendices complémentaires au récit.</p> <p>C'est la deuxième fois que je lis "Une forme de guerre". Ce roman est parfois critiqué pour sa structure conventionnelle ou la débauche d'action qui le caractérise. Peu importe, c'est un incontournable qu'il ne faut louper sous aucun prétexte. Banks y construit tout ce qui va nourrir son cycle jusqu'à son ultime épisode paru en 2012.</p> <p>Tout simplement jubilatoire.</p> <blockquote> <p>"On débarque et on rembarque."</p> </blockquote> <p>"<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Une_forme_de_guerre">Une forme de guerre</a>" est publié en France chez Robert Laffont, dans la collection <a href="http://www.laffont.fr/site/la_collection_ailleurs_et_demain_&amp;140&amp;2&amp;0&amp;1&amp;1.html">Ailleurs et Demain</a>, ainsi qu'en format poche : "<a href="http://www.livredepoche.com/une-forme-de-guerre-cycle-de-la-culture-tome-4-iain-m-banks-9782253071990">Le livre de poche</a>".</p> <div class="footnotes" role="doc-endnotes"> <hr /> <ol> <li id="fn:1" role="doc-endnote"> <p>Bien qu'il soit le premier roman publié du cycle, il est rarement conseillé d'entamer la lecture de l'ensemble par "Une forme de guerre".&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#8617;&#xFE0E;</a></p> </li> <li id="fn:2" role="doc-endnote"> <p>Ainsi que Dan Simmons, avec Hypérion, à peu près à la même époque.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#8617;&#xFE0E;</a></p> </li> </ol> </div> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/img_20150702_143018.jpg?itok=aMrWw0wU" width="1280" height="960" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> <div class="field field--name-field-contenus-lies field--type-entity-reference field--label-above"> <div class="field__label">Voir aussi</div> <div class="field__items"> <div class="field__item"><a href="/content/iain-m-banks" hreflang="fr">Iain M. Banks</a></div> <div class="field__item"><a href="/content/les-enfers-virtuels-iain-m-banks" hreflang="fr">Les Enfers virtuels, Iain M. Banks</a></div> <div class="field__item"><a href="/content/trames-iain-m-banks" hreflang="fr">Trames, Iain M. Banks</a></div> </div> </div> Thu, 02 Jul 2015 12:38:49 +0000 Denis 11802 at https://www.bourez.net Le syndrome du scaphandrier, Serge Brussolo https://www.bourez.net/content/le-syndrome-du-scaphandrier-serge-brussolo <span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Le syndrome du scaphandrier, Serge Brussolo</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden clearfix"> <ul class="links field__items"> <li><a href="/taxonomy/term/117" hreflang="fr">Lecture</a></li> </ul> </div> <span class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/user/1" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Denis</span></span> <span class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">02/06/2015 à 14h43</span> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Dans un futur indéterminé, mais que l'on devine proche, les chasseurs de rêves ramènent des objets de collection de leurs escapades oniriques nocturnes. Ces objets en vogue, sortes d'ectoplasmes sans forme précise et périssables, ont de nombreuses vertus et trouvent leur place dans les musées et chez les collectionneurs. Mais à quel prix pour les chasseurs de rêves dont certains finissent, le cerveau détruit, dans un hospice ?</p> <p>En voilà une bonne idée de départ, avec un thème et une ambiance qu'on aurait pu croiser dans un roman de Philip K. Dick dans les années 60.</p> <p>La dualité entre l'existence morose de David Sarella<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> - le personnage central - et ses trépidantes aventures en rêves nous entraîne dès le départ vers les profondeurs du récit. On a hâte de lire la suite.</p> <p>Hélas, j'ai trouvé que la "réalisation" n'était pas à la hauteur des thèmes abordés, pourtant ambitieux. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Brussolo">Serge Brussolo</a> nous livre un roman qui parait bien trop court et son récit semble manquer singulièrement de profondeur et de développement.</p> <p>J'aurais aimé trouver plus de profondeur, par exemple, dans l'évocation des quelques personnages principaux, qu'il s'agisse de ceux du monde réel - David bien sûr, mais également Marianne qui aurait pu faire un personnage en tous points remarquable - ou ceux du monde des rêves.</p> <p>J'ai eu l'impression, à la lecture du roman, que l'auteur soulève des thèmes en or, mais sans jamais se donner la peine d'aller plus loin, quasiment, qu'une simple évocation.</p> <p>En bref, une grosse déception pour un roman pas désagréable à lire, mais beaucoup trop frustrant. D'autant plus que j'ai adoré lire, il y a quelques semaines, "<a href="/content/la-nuit-du-bombardier-serge-brussolo">la nuit du bombardier</a>" du même auteur.</p> <p>"<a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-SF/Le-syndrome-du-scaphandrier">Le syndrome du scaphandrier</a>" est publié en France chez Folio SF.</p> <div class="footnotes" role="doc-endnotes"> <hr /> <ol> <li id="fn:1" role="doc-endnote"> <p>le personnage principal de "<a href="/content/la-nuit-du-bombardier-serge-brussolo">la nuit du bombardier</a>" porte le même nom.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#8617;&#xFE0E;</a></p> </li> </ol> </div> </div> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img loading="lazy" src="/sites/default/files/styles/pleine_largeur_retina/public/images_blog/product_9782070415632_195x320.jpg?itok=7IpE2UR1" width="192" height="320" alt="" typeof="foaf:Image" class="image-style-pleine-largeur-retina" /> </div> <div class="field field--name-field-contenus-lies field--type-entity-reference field--label-above"> <div class="field__label">Voir aussi</div> <div class="field__items"> <div class="field__item"><a href="/content/la-nuit-du-bombardier-serge-brussolo" hreflang="fr">La nuit du bombardier, Serge Brussolo</a></div> </div> </div> Tue, 02 Jun 2015 12:43:59 +0000 Denis 11610 at https://www.bourez.net